Marx rasé de près


Marx rasoir coupe-chouLe tenancier de ce blog est employé comme expert en risques psychosociaux au sein du (fameux) cabinet Technologia. Ce n’est pas un secret, mais c’est un sujet. Le sociologue un peu traîne-savate, bercé par le ron-ron de la soufflerie de la Maison des Sciences de l’Homme, n’est pas toujours apte à se reconvertir instantanément et sans effort en expert consultant.

Elément de forme/ La reconversion intellectuelle se double d’un re-looking. Le costard-cravate penche un peu trop du côté patron à l’ancienne mode et peut donc déclencher quelque réflexe repoussoir chez les syndicats – tant mieux, je n’en avais pas dans ma penderie. Le pantalon de velours élimé, les chemises du Secours catholique et les vestes en toile de jute, ça peut bêtement discréditer auprès des big-managers, voire être insultant pour les syndicalistes « classiques » (la moustache, la grosse chemise, etc.) qui auraient vaguement la vilaine impression d’être caricaturés. Et bien sûr, la barbe de trois, dix ou dieu sait combien de jours, ça fait un peu désordre. Il faut donc trouver un équilibre pour rester à l’aise tout en veillant à ne pas envoyer de mauvais signaux. Un costume sobre à la coupe sportive, la chemise sortie et des chaussures discrètement cool, le tout relevé d’une barbe bien taillée à 1,4 mm… le tour est joué.

Elément de fond/ Bien que le gros du boulot consiste à peser pour l’amélioration des conditions de travail, la configuration des acteurs en présence n’invite pas à jouer la carte du marxisme rentre-dedans. Cela dit, on ne s’en éloigne guère… (contrairement à ce qu’on pourrait penser, le marxisme comme mode d’analyse sociale n’effraie pas les puissants de ce monde, qui considèrent sans difficulté que la lutte des classes existe bel et bien… et qu’ils sont en train de la gagner). Il faut donc là encore trouver un équilibre. Afin de ne pas servir de façon trop stérile et convenue l’équation « salariés plus heureux = salariés plus productifs », l’expert peut militer pour que soit (re)donnée au salarié sa fonction d’auteur du travail accompli, principalement en levant les obstacles au travail bien fait. Façon finalement très standard de renouer avec la notion marxiste d’aliénation.

>> Rasé de près, Marx passe mieux

C’est sous cet angle que je me lance dans une série de chroniques sur les expertises en risques psychosociaux que j’accompagne. Le but n’est ni de vider mon sac ou de dévoiler des scandales (je ne fais d’ailleurs pas ça à visage couvert) ni de construire une théorie des risques psychosociaux (je laisse ça à d’autres). Je voudrais seulement montrer de quelle façon le monde du travail se dévoile quand on l’aborde en qualité d’expert, entre intention ambitieuse et pouvoir limité, entre le rire et les larmes.

Au fur et à mesure la mosaïque donnera peut-être quelque forme surprenante, mais dans tous les cas j’y vois aussi un projet collectif : les commentaires, éclairages, contre-témoignages et cris indignés (pour ou contre) sont les bienvenus.

Pour s’y retrouver, les posts seront systématiquement tagés « Marx rasé de près » (ce qui permettra de regrouper les articles associés en un clic) et seront introduits/conclus par un lien pointant vers la présente page.

2 réponses à Marx rasé de près

  1. adusb dit :

    en tout cas moi en 2017 je ne me fais plus avoir par l’UMP et le PS je vote Morsay adusb http://www.adusb.com/post/51133088885/ump-un-parti-raciste

  2. Long dit :

    Les informations ici présentes sont relativement intéressantes. J’ai beaucoup aimé, cet article est vraiment bien ficelé et agréable à lire. Pas mal du tout.
    Elsa Bastien / streetpress.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>