Cinéma
Ecrivez le premier commentaire !

(500) Days of Summer (de Marc Webb)

500 jours ensemble afficheLa fille Summer est une fieffée saloperie. A trop traquer la comédie-originale-mais-en-fait-pas-tant-que-ça, on passe à côté du portrait psychologique discrètement impitoyable de cette fille qui ne sait pas ce qu’elle veut en amour, ou plutôt qui fait ce qu’elle veut quand ça lui chante, qui définit son couple comme un truc qui n’existe pas vraiment. Mais tout en laissant la porte ouverte à un éventuel espoir d’amour entier, ouverture que l’amoureux d’en face ne peut que voir comme un tapis rouge qui a juste un peu de peine à être déroulé. Or ce petit espoir n’est rien d’autre que le « Je t’aime… BIEN » dans sa version « Je ne te le dis pas pour que tu décroches en douceur mais parce que dans le fond ça me fait du bien que tu t’accroches ». C’est en tout cas sous cet angle que j’ai vu le film, faisant vaguement écho à une expérience personnelleZooey Deschanel (pour creuser la question, il faut voir Un 32 août sur la terre mais inutile de lire Le petit sauvage d’Alexandre Jardin). Reste que si la fille Summer est une saloperie, elle en est une du genre charmante, à qui on ne peut pas vraiment en vouloir… mais un peu quand même. D’ailleurs, auto-fiction ou vrai témoignage, je l’ignore et le réalisateur Marc Webb en joue, le générique annonce la couleur.

Ceci est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait totalement fortuite

Surtout avec toi, Jenny Beckman

Salope

Une réussite formelle
Zooey Deschanel Joseph Gordon-LevittVoilà un de ces films qu’on aime à ranger du côté des comédies romantiques de type « cinéma américain indépendant sans l’option prise de tête ». La trame narrative est déconstruite selon les bonnes vieilles ficelles du polar, sans suivre l’ordre chronologique des évènements. Le montage de (500) days… évite par contre la remontée à rebours, récit linéaire à l’envers qui finit par lasser (sauf dans l’impeccable Memento, là c’était justifié).500 days 500 jours Ce code narratif du polar est également détourné car il ne sert pas ici aux retournements de situation mais à souligner les secousses émotionnelles subies en 500 jours par le jeune amoureux mal aimé. En guise d’interlude, des compteurs dessinés à la main exprimant différents états émotionnels achèvent de rendre le tout élégant, fluide et distrayant. La preuve avec cette vidéo…

Joseph Gordon-LevittD’un point de vue purement graphique, le film ne fait clairement pas de la soupe, mais sans en faire trop (pas d’hyper-créativité au prix de l’inconfort, nom de nom !). Il y a bien quelques exercices de style (le portrait croisé de Tom et Summer façon Amicalement vôtre, la description anthropométrique de Summer…) mais ça n’est pas envahissant. L’essentiel selon moi tient à un décor soigné, planté dans un Los Angeles qui n’est ni bimbo-land ni gangster-city, relativement inédit du point de vue d’un Fançais peu connaisseur. Zooey Deschanel et Joseph Gordon-Levitt (plus encore) ont une classe folle et posent leur voix dans le respect absolu des codes du cinéma américain indépendant (VF s’abstenir). Et enfin, la bande-son est bien agréable (avec une mention spéciale pour le morceau de Carla Bruni, dont on peut supposer que l’équipe du film ne connait pas le statut public vu que le film ne ressemble pas à une oeuvre de sarkophiles). La preuve sur cette vidéo d’un karaoké alcoolisé avec une interprétation des Pixies qui surpasse l’original, vidéo qui va maintenant me permettre de ré-enfourcher mon cheval de bataille (Summer est une saloperie, pour rappel).

Décryptage
Le passage est plus riche qu’une simple séquence de karaoké rock. Le bon pote murgé réclame que la fête continue. Juste avant, Tom et Summer viennent de s’accorder sur leur désaccord au sujet du « vrai amour ». Celle-ci vient alors taquiner celui-là en décrétant qu’il sera le prochain à chanter sur scène, lui le « jeune Werther », c’est-à-dire le romantique un peu con con. Passons sur la performance scénique, d’ailleurs trop belle pour être vraie, et examinons le travail de marionnettiste exécuté par Summer.

1- Tom affirme ne pas être assez bourré pour chanter en public
2- Elle appelle donc le serveur pour régler cette difficulté
2- Une fois sa marionnette en mouvement, elle alterne gestuelle amicale et pauses enamourées
3- Elle conclut en lui accordant un « you’re good » soi-disant en toute innocence
4- De retour au bar, elle adopte une posture seigneuriale car c’est Tom qui doit capter son regard

Attention : risque de spoiler
Une interprétation plus mollassonne consisterait à prétendre que Summer n’est pas une saloperie, juste qu’elle n’était pas faite pour Tom, et vice versa si ça se trouve. Bref, le film n’aurait pas porté sur la « bonne » histoire d’amour. Et puis quoi encore ? On ne va pas se focaliser sur le hors-champ pour tirer les conclusions d’un film. C’est pas les Cahiers du cinéma ici. Ou alors on aura droit à une quadrilogie: (500) days of Winter, …of Spring & …of Fall ou à différentes suites à rebondissement: « Summer a trouvé le bon », « Ah bah non en fait… », « July into Summer » (July c’est la copine lesbienne, laissé de côté pour la suite interdite aux moins de 16 ans)…

Cette entrée a été publiée dans Cinéma, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>