Cinéma
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5 jours, 7 films

Sans enfants dans les pattes et gavé d’action (les 7 saisons de The Shield avalées en juillet), j’étais mûr pour quelques films d’auteur (avec lesquels j’entretiens des rapports courtois dénués de servilité).
Dogville
La Bostella
Dolls
Dimanche : Dogville
Dimanche aussi : La Bostella (je voulais vérifier si ça me plaisait autant qu’à la grande époque d’il y a 10 ans : et la réponse est juste en dessous de OUI)
Lundi : Dolls
Mardi : Un nouveau russe
Mardi aussi : Sans identité (c’est l’intrus, ce n’est pas un film d’auteur vu que c’est tiré d’un roman (et vu aussi que c’est naze, mais bon, ça, ce n’est pas un critère formellement acceptable), film tiré d’un roman donc, roman que j’avais d’ailleurs lu, si bien que le nom de l’auteur croisé avec les premières minutes du film m’ont amené à m’auto-spoiler, lamentable mésaventure puisque le seul intérêt de ce navet reposait sur le twist final)
Mercredi : Printemps, été, automne, hiver… et printemps
Jeudi : A very british gangster

Ce festival en solo m’amène à distribuer des prix, sans pour autant être en mesure de départager les œuvres.

Un nouveau RussePrix d’alignement des vilaines bobines

Un nouveau Russe pour les traits durs des bureaucrates moscovites

La Bostella avec les gros poilus maquillés en putes, le demi-triso sans articulations cervicales et les villageois du cru sur-équipés en moustaches épaisses et cigares mâchonnés

Dogville pour les péquenots aux tronches dévastées par l’alcool et les travaux des champs, jamais aussi attendrissants qu’au moment de violer leur victime en monnayant la moralité de leur crime par un soi-disant « droit à compensation »

Printemps, été, automne hiver... et printempsPrix du dévoilement du mauvais fond des enfants

Dogville pour les affreux jojos qui s’assoient sur le boulet déjà fort pesant que doit traîner la victime allogène

Dolls pour la même raison, avec une corde à la place du boulet, la scène illustrant bien le sentiment rassurant, quand on s’en prend aux marginaux, de se ranger du côté des dominants, et donc de se savoir à l’abri d’une véritable réprimande même si l’agissement est « limite »

Printemps, été, automne, hiver… et printemps pour la cruauté ludique dans la brutalisation des bestioles (la fin alternative coréenne étant d’ailleurs plus audacieuse sous ce rapport, avis aux curieux…)

Sans identitéPrix de l’immersion qui nous emporte

Un nouveau Russe pour cette histoire exemplaire de la transition post-soviétique comme contrainte autant que comme ressource pour les hommes d’affaire. Pavel Lounguine est un grand bonhomme, que j’avais vu consterné quand, à l’avant-première de La Noce, une demi-mondaine aux allures slaves s’était écriée : « Oh Pavel, da, tu nous as vlaiment gâtée… »

Printemps, été, automne, hiver… et printemps pour cette bulle en forme de monastère à la dérive, d’autant plus atemporel que surgissent parfois les signes d’un temps situé

Dolls, qui n’aide sûrement pas à comprendre le Japon – d’ailleurs, « comprendre un pays » il y a toutes les chances pour que ça ne veuille rien dire – mais à entrer dans des psychismes torturés tout en restant universels (juste une question de degré) : jusqu’où accompagner la chère et tendre dans sa folie ?

Sans identité, contre prix du nanar qui saute à pieds joints dans tous les clichés de mise en scène…

A very british gangsterPrix de la bonne humeur

A very british gangster pour la naïveté des jeunes bandits si sûr d’eux en s’imaginant plus tard footballers, chanteurs ou boxeurs, alors que la prison attend ceux qui échapperont au coups de couteau…

La Bostella pour les échappées d’Edouard Baer de la villa vers le village et ses cafés, vers les inaugurations de salles des fêtes (j’ai eu un micro échange avec lui lors d’une avant-première, et c’était comme dans le film : sourire poli bien en évidence pour camoufler une recherche discrète (décodable par les initiés uniquement) d’un regard complice dans la salle pour trouver un compère de pensée : « ah oui, vous aussi vous n’en pouvez plus du discours fleuve de la directrice du cinéma sur les subventions pour réparer la quatrième ampoule à gauche »). Et que dire des magasins de canapés Focard…

- Alors beaucoup de gens me disent « oui, alors… Focard, bien sûr, on en a envie, on rêve Focard » — « on tripe Focard », me disent les jeunes — « Eh bien tout ça, hélas, j’en suis sûr, est au-delà de mes moyens. » Je vais demander à Claude Focard, qui a la gentillesse de se trouver à côté de moi, combien aujourd’hui je dois débourser pour m’offrir une vie Focard, une vie de rêve ?
- Eh bien…
- C’est grosso-modo. Grosso-modo, c’est toujours très difficile bien sûr quand on voit, je dirais… le panel, le choix des couleurs, des saveurs. Parce qu’une saveur Focard… on peut tout à fait lécher un canapé Focard, on en a plein la bouche, plein les sens, plein les souvenirs…

Et voilà… un texte aussi marathon que ce visionnage intensif. Juste histoire de donner envie…

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